Le ministère de l’Éducation nationale délivre toujours moins de diplômes par la voie de la VAE

Les étapes de la vae :

  1. étape 1
  2. étape 2
  3. étape 3
  4. étape 4
  5. étape 5

C’est une note de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) qui le souligne : de la recevabilité à la délivrance du diplôme, le dispositif académique de validation des acquis de l’expérience affiche un « nouveau recul » en 2015.

Déployée en 2002, la validation des acquis de l’expérience (VAE) a connu « une montée en charge très rapide » au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour « marquer le pas dès 2006 », observe la note de la DEPP. Surtout, la nouvelle baisse qui caractérise l’année 2015 « ramène le niveau d’activité des jurys en deçà de celui enregistré en 2010 ». Ce recul s’observe à toutes les étapes : - 3 % à l’étape de recevabilité et - 2 % de diplômes délivrés, soit 13 150 validations totales contre 12 950 en 2014.

Importance des abandons

Des disparités académiques existent, avec un recul des entrées dans le dispositif et du nombre de dossiers traités dans deux tiers des académies. Mayotte (- 35 %), Limoges (- 23 %) et Nancy-Metz (- 16 %) connaissent la plus forte baisse des recevabilités et Mayotte (- 27 %), Corse (- 26 %) et Bordeaux (- 25 %) la plus forte baisse du nombre de dossiers examinés. À l’autre extrême, ce sont la Guyane (+ 41 %) et la Martinique (+ 40 %) qui affichent la plus forte hausse du nombre de recevabilités, la Guyane (+ 15 %) et Dijon (+ 13 %) la plus forte hausse des candidatures examinées.

La note de la DEPP pointe également l’importance des abandons, avec « chaque année toujours plus de nouvelles recevabilités que de dépôts de candidatures ». D’où l’importance des prestations d’accompagnement, qui encadrent « un dossier déposé sur deux (sans compter ceux qui choisissent un prestataire extérieur au dispositif) ». Payant, cet accompagnement connaît trois sources de financement : formation continue (54 %), aides publiques aux demandeurs d’emploi (41 %), financement direct par les bénéficiaires (5 %).

Un tiers des diplômes concentrent 79 % des dossiers

La structuration par diplôme apparaît stable : BTS (34 %), Bac pro (17 %), CAP (21 %), BP (6 %) et diplôme d’éducateur (17 %). En termes de spécialité, des filières VAE semblent se dessiner avec une concentration sur un petit nombre de spécialités : petite enfance pour le CAP, aide à domicile pour la Mention complémentaire, coiffure pour le Brevet professionnel (BP). Au total, « 30 diplômes concentrent 79 % du total des dossiers mais ne couvrent que 5 % du champ des diplômes accessibles à la VAE, hors baccalauréats technologiques et BEP ». À l’examen, certains diplômes et spécialités apparaissent plus accessibles à la VAE que d’autres, réputés plus difficiles : seulement 17 % de validations totales pour le diplôme supérieur de comptabilité et gestion (DSCG) en 2015, contre + de 80 % pour le bac pro Commerce, gestion, administration ou Accueil relation clients, le CAP Agent polyvalent de restauration ou cuisine, le BTS Assistance technique d’ingénieur.

Enfin, avec seulement 2,5 % du total des diplômes délivrés en 2015, « la VAE participe pour une part relativement faible à la délivrance des diplômes du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, orientés d’abord vers la formation initiale ». Il reste que les taux relativement élevés des trois diplômes d’éducateur [1] en témoigne, « la demande de VAE reste souvent associée à des conditions réglementaires de diplômes, nécessaires pour obtenir la pleine reconnaissance des fonctions exercées ». C’est aussi le cas lorsqu’un diplôme est exigé pour passer un concours de la fonction publique [2].

  • Dispositif académique de validation des acquis : nouveau recul du nombre des diplômes délivrés par la VAE en 2015.- Note d’information DEPP, décembre 2016 : format PDF – 202 ko

[127 % des éducateurs spécialisés, 24 % des moniteurs-éducateurs et 55 % des éducateurs techniques spécialisés.

[2Exemple du CAP Petite enfance requis pour accéder au concours d’attaché territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem).

Nicolas Deguerry
Source : Le quotidien de la formation le mercredi 21 décembre 2016