La validation des acquis doit être un outil efficace d’accompagnement des parcours professionnels (Gilles Schildknecht, Cnam)

Les étapes de la vae :

  1. étape 1
  2. étape 2
  3. étape 3
  4. étape 4
  5. étape 5

Quatorze ans après l’instauration de la VAE [1], des insatisfactions demeurent par rapport au nombre de diplômes délivrés en France. Il existe d’ailleurs différents rapports sur la VAE de manière à la faire fonctionner et la développer. « Tous ces rapports ont souligné la force et l’intérêt de la VAE, mais ils ont constaté de plus en plus son faible développement, voire la baisse des effectifs concernés au cours des dernières années », souligne Gilles Schildknecht, chercheur associé au CRF/Cnam [2], membre du bureau du CMA [3], contacté par le Quotidien de la formation le 10 mai. « En 2014, environ 42 000 candidats se sont présentés devant un jury, en vue d’obtenir une certification Certification C’est le terme officiel qui recouvre des appellations différentes : diplôme, titre ou certificat de qualification professionnelle. publique par la VAE, dont 25 600 ont obtenu une certification. Ces chiffres en baisse de 8 % et 7 % par rapport à 2013, montrent bien le caractère encore confidentiel de cette voie d’accès aux certifications », souligne-t-il.

Instituée par la loi du 17 janvier 2002, la VAE marque une rupture dans le système de certification français en posant le principe d’un droit individuel à la reconnaissance de l’expérience pour l’acquisition de certifications (diplômes, titres ou certificats). En outre, fait valoir Gilles Schildknecht, « la VAE peut être considérée comme le cheval de Troie de l’évolution radicale des certifications et particulièrement des diplômes (pour rappel, ceux de l’enseignement supérieur sont encore construits en termes de durée de formation) ». « Elle instaure un changement de construction des certifications et une séparation entre formation et certification. La VAE est bien une voie d’accès à la certification. Ce rappel est utile, car très vite pour des raisons à la fois de financement et de résistance des systèmes de formation, elle a été rangée dans la case formation au sens large. Ce qui a entraîné des incompréhensions et parfois a créé des opportunités de gains supplémentaires pour certains organismes de formation ».

Sans remettre en cause les préconisations des différents rapports, Gilles Schildknecht propose plusieurs pistes d’évolution de la VAE. Il préconise ainsi, au-delà de la seule recherche de passerelles entre des dispositifs préexistants, la construction d’un véritable système national de certification. Celui-ci « serait bâti sous la forme d’une progression intégrant à la base, à partir du nouveau certificat CléA [4], les certificats de branche professionnelle Branche professionnelle Une branche professionnelle regroupe les entreprises d’un même secteur d’activité et relevant d’un accord ou d’une convention collective. (CQP), les titres du ministère du Travail et les diplômes ». « Ce qui permettrait au public d’avoir une meilleure lisibilité de l’offre et de mieux réguler cette dernière ». À partir des avancées de la loi du 5 mars 2014 en matière d’accès à un niveau supérieur de qualification, il propose une réflexion sur la création d’un droit à l’expérience qualifiante qui « pourrait donner une plus-value au compte personnel d’activité (CPA), compte encore à la recherche de sens ». Il est en effet dommage que les dispositions de la loi de 2014 portant sur la négociation triannuelle de la GPEC [5] et des orientations du plan de formation n’incluent pas la VAE. L’objectif étant de « faire de la VAE un outil efficace d’accompagnement des parcours professionnels » internes ou, le cas échéant, externes.

Entre autres préconisations, il appelle à « développer et financer le suivi des parcours ultérieurs en cas de validation partielle, et rationaliser davantage les procédures d’évaluation des acquis, former et indemniser tous les membres de jurys ».


[1Validation des acquis de l’expérience.

[2Centre de recherche sur la formation/Conservatoire national des arts et métiers.

[3Comité mondial pour les apprentissages tout au long de la vie.

[4Certificat de connaissances et de compétences professionnelles.

[5Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

Philippe Grandin
Source : Le Quotidien de la formation le jeudi 12 mai 2016