La consolidation des données sur les parcours VAE, mode d’emploi

Les étapes de la vae :

  1. étape 1
  2. étape 2
  3. étape 3
  4. étape 4
  5. étape 5

« La loi du 5 mars 2014 prévoit un suivi par les Crefop et le Cnefop des données concernant la Validation des acquis de l’expérience, cela prendra du temps. On ne part pas de rien, il existe des comités certificateurs qui collectent déjà des données pour les Carif-Oref notamment. L’objectif est de faire une base de données commune de travail. La réforme précise que tous les acteurs doivent transmettre leurs données anonymisées aux organismes de pilotage comme les Crefop », explique Catherine Claude-Morel de la DGEFP, à l’occasion du colloque dédié à un état des lieux et aux perspectives de la VAE, organisé par VAE Les 2 Rives et le laboratoire C3S de l’Université de Franche Comté.

Les données qualitatives et quantitatives portant sur la VAE émanent de sources diverses, comme les Carif-Oref, des différents ministères, de la Dares… Elles sont éparses, incomplètes et supposent en premier lieu d’établir une méthodologie pour harmoniser les indicateurs. « Nous nous sommes réunis entre septembre et décembre 2013, avec les représentants des différents ministères, des chambres consulaires, de la Direccte ou encore de trois Conseils régionaux pour réfléchir à une terminologie commune pour ces différentes bases de données. Nous tenons ces travaux à disposition du Cnefop et des Crefop », souligne Catherine Claude-Morel.

La VAE a débuté réellement en 2002

La loi de 2002 n’avait pas prévu le pilotage du suivi des dispositifs VAE et il a fallu attendre la loi du 5 mars 2014 pour que cette mission soit confiée aux instances de gouvernance de la formation professionnelle. En 2002, il existait 4600 certifications à finalité professionnelle, un nombre considéré déjà comme très élevé tandis qu’entre 1992 et 2002, seuls 15 000 dossiers de demande de validation des acquis avaient été déposés, avec seulement la moitié qui ont débouché sur un diplôme.

Le développement de la VAE est donc récent, mais aussi très logiquement corrélé à celui des certifications. Entre 2006 et 2013, le nombre de ces dernières a considérablement augmenté, notamment celles accessibles par le biais de la VAE. Ainsi, il existe 10 026 titres enregistrés au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP RNCP Répertoire national des certifications professionnelles ), et plus de 90% sont accessibles par la VAE. « Entre 2003 et 2007, le nombre de validations a fortement augmenté, puis il était très stable sur les six années suivantes. Selon nos projection, il y aurait un taux de validation des parcours de VAE de 67% en 2015 et 69% en 2016 mais il faut prendre ces prévisions avec précaution », explique Alexandre Mairot, qui est ingénieur d’étude en charge de données à l’Université de Franche-Comté.

Plus de 90% des certifications des ministères accessibles par la VAE

A titre d’exemple, 92,7 % des certifications des différents ministères sont désormais accessibles par la VAE, avec un taux de réussite de 58,9% en 2013. « Ce ne sont pas les ministères qui ont le plus de certifications accessibles par la VAE qui ont nécessairement le plus de candidats. Dans le secteur social ou la santé par exemple, il y a peu de certifications et beaucoup de candidats, contrairement à la recherche ou la défense », souligne Alexandre Mairot.

De leur côté, les données des Points relais conseil VAE mettent en exergue que leur public est principalement féminin, 66% des personnes reçues, avec une très forte présence de la tranche d’âge des 30-44 ans. « Ces entretiens ne débouchent sur une démarche VAE que pour 70% des personnes reçues, les autres feront un bilan de compétences, entreront en formation ou choisiront une autre orientation », poursuit Alexandre Mairot. Près de 75% de ceux qui entreront dans une démarche de VAE sont des femmes, seuls 18,6% des candidats ont au minimum 50 ans. Enfin, les données de la Dares nous apprennent que 47,5% des candidats à la VAE visent un titre de niveau V, 20% de niveau IV, 30% de niveau III, et seulement 1,9% de niveau II et 0,6% de niveau I.

Cédric Morin
Source : Le Quotidien de la formation le vendredi 18 mars 2016